Ne vous attendez pas à retrouver ici une grosse base de données sur l'univers de la bédé. Cette rubrique est plus un extra, une section qui nous permet de parler succinctement des ouvrages qui nous ont plu. Les mises à jour resteront très sporadiques…


   14 décembre 2010  

Apocalypse Nerd
de Peter Bagge
Rackham - format 17 x 24 - 120 pages

Peter Bagge est enfin de retour avec un nouvel ouvrage. L'attente fut longue depuis la sortie des 2 tomes de "Buddy Bradley" mais elle en valait largement la peine. On retrouve ici son coup de crayon élancé si caractéristique qui nous plonge directement dans un univers familier. Dans "Apocalypse Nerd" on suit deux potes vivant à Seattle, Perry et Gordo, partis en promenade dans les montagnes environnantes de cette ville du Nord-Ouest des Etats-Unis. Une virée providentielle car au même moment la Corée du Nord décide de balancer une bombe nucléaire sur la ville de Seattle. Les deux compères échappent donc de peu au pire et sortent indemne de cette catastrophe. Mais cette chance a un prix et ils vont vite le comprendre. La situation ne tardant pas à s'envenimer, ils vont être confronter à leurs instincts les plus primaires. Le chaos ambiant fait ressurgir en chacun des comportements qui n'ont plus rien de rationnel. Peter Bagge met en exergue toute une réflexion sur la notion de survie et nous met face à notre propre ressenti. Comment réagirions-nous si nous étions dans la même situation que Perry et Gordo ? Un thème qui vu sous cet angle peut paraître pompeux mais ceux qui connaissent l'auteur Américain savent qu'il manie l'humour d'une main de maître. Et dans "Apocalypse Nerd" le bougre s'en donne à cœur joie tant on s'esclaffe devant les pires atrocités. Son humour grinçant fait mouche et nous tient en haleine jusqu'au dénouement final. Peter Bagge reviens en force et nous délivre un road-movie surprenant et jubilatoire qui baigne dans une ambiance de fin du monde. Qui a dit récit d'anticipation ?

Mathieu

 



   13 octobre 2010  

Wilson
de Daniel Clowes
Edition Cornélius - 80 pages

Wilson, la cinquantaine passée, vit à Oakland dans la solitude et la déprime. Pas de famille, pas d'amis il a comme seul et unique compagnon sa fidèle chienne Pepper. Il mène une vie monotone et sans éclat où sa principale occupation est de vouer une haine sans égale au genre humain. Mais la mort de son père va le ramener à Chicago où il va renouer contact avec son ex-femme. Un nouveau départ pour une nouvelle vie ? Tu parles, un loser reste un loser et au lieu de refaire surface, ce pauvre Wilson va complètement couler à pic et emprunter un chemin encore plus chaotique que par le passé...
A l'instar de Ice Heaven, Daniel Clowes opte ici pour un récit découpé en strips indépendants qui, imbriqués les uns aux autres, forment une histoire complète et cohérente. Chaque strip d'une page a son propre style graphique (du plus réaliste au plus cartoonesque) et sa propre chute qui découle la plupart du temps d'une intervention sarcastique, pathétique ou cruellement drôle de Wilson. Daniel Clowes n'a rien perdu de son humour grinçant et il n'est jamais aussi fort que lorsqu'il met en lumière la vie d'un antihéros. Et avec ce nouvel ouvrage il confirme qu'il est l'un des auteurs de BD les plus influents et les plus doués de sa génération.

Mathieu

 



   10 mars 2010  

Swallow me whole
de Nate Powell
Casterman - format 17,3 x 24 - 216 pages

Nate Powell est loin d'être un petit nouveau dans le milieu du punk-rock. Très actif en tant que zikos (soophie nun squad, universe,…) il est aussi un excellent illustrateur (split daïtro/ampere, submission hold, JR ewing,…) et un très bon auteur de BD comme l'atteste ce petit bijou qu'est Swallow me whole. Un joli pavé de plus de 200 pages que j'ai englouti avec délectation le temps d'un trajet Paris-Lyon en TGV. L'immersion a été parfaite.
Nate Powell nous emmène dans un récit au cœur de l'adolescence où un frère et une sœur sont unis face à leurs troubles psychiques. Elle, collectionne les insectes morts avec lesquels elle communique et lui voit un petit bonhomme qui lui ordonne de dessiner ses prophéties. Des troubles et des obsessions qu'ils gardent en secret, inavouables pour n'importe quel quidam. Mais les répercussions sur leur quotidien ne tardent pas à surgir. Comment doivent-ils faire pour concilier leurs moments de folie avec leur vie d'ado ? Là est bien toute la question de cet ouvrage. Le sort réservé à ces deux frères et sœurs nous tient en haleine jusqu'à la dernière page. Le rythme ne s'essouffle jamais et le final, qui propose une succession de cases quasi muettes, est tout simplement magnifique. Le dessin en noir et blanc est à l'image du récit : limpide, touchant et passionnant. Avec cet ouvrage Nate Powell réussit le tour de force d'évoquer les facettes d'une adolescence atypique sans jamais tomber dans le déjà-vu. Une réussite !

Mathieu

 

 

  15 septembre 2009  


Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune
de Pascal Rabaté
Futuropolis - format 22,5 x 28,5 - 104 pages

Pascal Rabaté aime les gens ordinaires. Souvenez-vous de ces attachants petits vieux dans "les petits ruisseaux" ou encore de cette sympathique famille Garnier dans "la Marie en plastique". Et bien dorénavant il faudra compter avec Patrick du "petit rien tout neuf avec un ventre jaune". Patrick est un homme d'une quarantaine d'année qui traverse une période difficile dans sa vie. Pourtant en étant gérant d'un magasin de farce et attrape il a tout pour vivre dans un environnement propice à la déconnade. Mais la réalité des choses est tout autre car Patrick est un homme déprimé depuis la séparation avec sa femme. Heureusement pour lui une rencontre inopinée va venir bousculer sa morne vie.
Il est étonnant de voir la facilité avec laquelle Pascal Rabaté arrive à nous captiver avec un sujet qui pourrait paraître banal au premier abord. Mais la justesse avec laquelle il s'intéresse au quotidien de cet homme est vraiment touchante. Il le fait sans aucune caricature et les dialogues sont d'un réalisme saisissant. "Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune" se dévore d'une seule traite, on ne le lâche pas avant d'avoir tourné la dernière page. Pascal Rabaté nous livre un ouvrage émouvant et pas si triste que ça au final. Bravo !

Mathieu

 


  20 mai 2009  

 

T.O.T.T
de Thomas Ott
Edition Moderne - format 26 x 35 cm - 112 pages

Wow ! Alors là je suis sur le cul ! Je ne savais même pas qu'un tel ouvrage de Thomas Ott existait. Je vous laisse imaginer ma surprise quand j'ai mis les pieds chez mon libraire et que j'ai vu ce grand bouquin trôner en haut d'une étagère. Sa belle couverture noire m'a tout de suite attiré l'oeil. Je me suis précipité pour feuilleter quelque pages et bien évidemment ce qui devait arriver arriva. il ne pouvait plus en être autrement, je devais acheter ce T.O.T.T. Un achat compulsif et coûteux mais que je ne regrette pas une seule seconde. Cet ouvrage sorti il y a quelques années déjà recense des illustrations de Thomas Ott sur la période de 1985 à 2001. Vous l'aurez compris nous n'avons pas à faire à une bd ici. Thomas Ott nous présente quelques un de ses travaux qui ont été utilisé dans des fanzines, des journaux, des expos ou encore pour des pochettes de disques. Tous ont été réalisé avec sa fameuse technique de la carte à gratter. Cette technique particulière met sur un piédestal chacune de ses idées plus farfelues les unes que les autres. Son univers est sombre, parfois malsain, souvent violent mais toujours d'une extrême profondeur et dans un sens d'une beauté sans partage. A chaque page que je tourne je reste ébahi par le travail du Mr. Un ouvrage réussit de A à Z. Chapeau bas !!

Mathieu

 

 


  7 mars 2009  


Lock groove comix N°1
de J-C Menu
L'Association (collection Mimolette) - 30 pages

Honte à moi ! Comment ai-je pu oublier de vous parler de Lock Groove Comix ? Une bd qui traite aussi sincèrement de la musique mérite plus que quiconque ces quelques lignes dans nos pages pixelisées. Avec ce premier numéro, J-C Menu nous fait savoir haut et fort qu'il est un grand amoureux de la musique. Mais attention, pas de n'importe quelle musique car comme il le dit lui-même sur la 4eme de couverture "Vynil et Papier forever !" et "Merde aux CD ! Merde au MP3 ! Merde aux blogs ! Merde à Myspace !". Voilà qui est clair !!
Cette trentaine de pages autobiographiques sont un manifeste à toute la musique qui a fait et qui continue de faire vibrer ce cher Jean-Christophe Menu, c'est à dire le rock au sens large du terme (les Beatles, Neil Young ou encore Sonic Youth sont quelques un des groupes évoqués ici et là dans ce Lock groove comix). Et c'est avec passion qu'il nous décrit son amour pour les 33 et 45 Tours et leur fameux "lock-groove". En français le terme utilisé est "Sillons sans fin" et il désigne la boucle située en bout de chaque face d'un disque. Cette boucle est généralement silencieuse mais il est possible d'enregistrer du son sur ce sillon et c'est à ce moment là que le "lock-groove" prend tout son sens. Mais J-C Menu ne s'arrête pas là car il nous plonge aussi dans d'autres petites histoires qui vont des anecdotes de concerts auxquels il a assisté à ses activités de DJ-set rock en passant par une réaliste description des plaies des concerts. On a vraiment l'impression d'y être et par la même occasion on se remémore nos propres souvenirs car tout amateur de musique se reconnaîtra dans les faits et gestes de cet auteur. Cerise sur le gâteau il va même jusqu'à faire des chroniques de disques !!
Une bd courte mais dense où tout est raconté et dessiné avec sincérité et passion. Une bd rock comme il en faudrait plus !! Heureusement que le numéro 2 est déjà sorti !

Mathieu

 


  26 décembre 2008  

 

Loin d'être parfait
de Adrian Tomine
Delcourt (collection outsider) - format 20 x 27 cm - 108 pages

Adrian Tomine fait parti de ces auteurs de bande dessinée que j'apprécie et que je respecte le plus. Ses ouvrages sont à chaque fois un délice pour les yeux et un véritable plaisir à lire. Ce n'est pas un hasard si il est devenu un des auteurs majeurs de la bande dessinée indépendante Américaine. Et avec ce "loin d'être parfait", qui fut pré-publié dans les numéros 9, 10 et 11 de Optic Nerve, Adrian Tomine ne déçoit pas.
Il nous plonge dans un roman graphique fictif qui met en scène Ben Tanaka, un trentenaire d'origine Japonaise et gérant d'un petit ciné en Californie. Il partage sa vie de couple avec Miko Hayashi mais dès les premières pages on se rend compte que leur relation est plus que friable. Leurs opinions face à leurs origines asiatiques divergent en tout point. Lui, idéalise la femme blanche et semble être complexé par ses origines alors que Miko accorde beaucoup plus d'importance à son appartenance culturelle. Avec le départ de Miko pour NewYork, les choses vont s'accélérer. Ben reste seul en Californie et va commencer à se rapprocher de sa nouvelle collègue… Si les doutes et les convictions de Ben sont au centre du récit, il ne faut cependant pas oublier l'importance du rôle joué par les autres personnages de ce "Loin d'être parfait". Car avec ce patchwork d'individu, Tomine démontre qu'il a un réel don pour mettre en lumière la complexité des relations humaines. Les dialogues sont finement ciselés et d'une incroyable justesse. Son dessin en noir et blanc est comme à l'accoutumer très proche de la réalité et permet une immersion totale dans cette chronique sociale. Avec ce "Loin d'être parfait", Tomine nous livre une bande dessinée captivante de bout en bout. Un brillant récit qui décrit les difficultés à accepter ses origines dans une société occidentale et le mal être qui en découle. Bravo Mr Tomine !

Mathieu

 

Un ciel radieux
de Jirô Taniguchi
Casterman - format 17 x 24 cm - 307 pages

Cet ouvrage est une nouvelle fois à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre d'un auteur comme Taniguchi. J'ai une profonde admiration pour ses œuvres. Et si "un ciel radieux" n'est peut être pas encore au niveau d'un "quartier lointain" ou "le journal de mon père" il en reste tout de même une histoire poignante et touchante.
Et même si Taniguchi empreinte ici les voix d'une histoire lorgnant vers le surnaturel, son empreinte et sa patte artistique sont tels qu'il est bien difficile de se détacher de ce livre jusqu'à sa dernière page. Comme souvent avec cet auteur, le pitch de départ est somme toute assez simple. Un terrible accident entre un jeune homme en moto et un homme d'une quarantaine d'année au volant d'une camionnette va bouleverser a jamais la vie du jeune homme, seul rescapé de cet accident. Car voilà, après être sorti du coma, Takuya de son vrai nom ne se souvient de rien. Pire encore il va se rendre compte que l'esprit de l'homme décédé dans l'accident va peu à peu s'emparer de lui, sans qu'il ne puisse rien y faire. S'en suit alors des rencontres et des anecdotes poussant l'émotion de ce récit à son paroxysme. Mais je n'en dirais pas plus de peur de spoiler ceux qui voudraient découvrir ce magnifique ouvrage.

Ludo

 

  24 novembre 2008  

Le petit Christian T2
de Blutch
L'Association - format 16,5 x 24,5 cm - 56 pages

Après 10 ans d'attente, nous retrouvons enfin la suite des aventures du petit Christian. Fini la cour de récré du primaire, "le petit Christian" a grandi et s'apprête à rentrer au collège. Il quitte peu à peu l'enfance et le voilà animé par une nouvelle préoccupation. Il est frappé de plein fouet par l'Amour et plus précisément l'amour qu'il porte à la jeune Catie Borie - une fille d'ami à ses parents rencontrée pendant des vacances à Anglet. Ebranlé par ce nouveau sentiment, il s'en remet à Steve McQueen et Marlon Brando qui deviennent ici bien plus que des héros, ils sont de véritables maîtres à penser et de fins conseillers en amour. Vous comprenez, Christian ne fait pas parti de la catégorie des séducteurs-nés, il doit donc prendre exemple sur ses modèles. En tout cas, il a toujours autant d'imagination et on se régale devant toutes ses pensées farfelues qui ornent son quotidien. La petite dizaine d'histoire qui parcoure cet ouvrage nous démontre encore une fois tout le talent de Blutch. Avec un dessin en noir et blanc et saupoudré de quelques nuances de rouge, il arrive à mettre en lumière un petit Christian à la fois drôle et touchant. Il a aussi ce véritable sens de la narration qui nous replonge ici dans notre propre enfance (pré-adolescence) et on se dit que l'univers de ce petit garçon n'est pas très éloigné de ce qu'on a pu vivre à cette époque.
Au final, ce nouvel ouvrage du "petit Christian" a mis du temps avant de voir le jour mais le résultat en valait vraiment la peine. Une BD tout aussi passionnante qu'attachante !

Mathieu

 

  7 septembre 2008  

Speedball #2
fanzine BD
Valice Production - 80 pages

Voici le second numéro du fanzine BD Speedball. Un fanzine dont la parution annuelle est centrée autour d'un seul et même thème. Après avoir abordé le thème de la psychiatrie, ce sont les Zombies et autres bêtes venues d'outre-tombe qui prennent le relais. Une bien chouette initiative qui a très vite attisé ma curiosité. Il faut dire que la très belle couverture de Mattt Konture met vraiment l'eau à la bouche.
Je me suis donc jeter sur les 80 pages de ce second numéro de Speedball et je n'ai pas été déçu. Même si graphiquement j'ai une petite préférence pour le dessin de Cha, Melvin, Meka ou encore Toma, j'ai pris un malin plaisir à lire chacune des histoires. La petite dizaine d'auteur s'en donne à cœur joie pour mettre ces morts-vivants assoiffés de sang dans d'innombrable situation. Qu'ils s'attaquent aux nazis, aux gouvernements ou encore aux groupes punks, il y a toujours cette petite touche d'humour propre à l'univers des Zombies. Mais des auteurs comme Isha, Chester ou Toma vont un peu plus loin dans leur démarche. Ils ont une approche un peu plus politisée et ils n'hésitent pas à dénoncer le fonctionnement de notre système. D'ailleurs c'est assez drôle car j'ai souvent eu l'impression de croiser au fil des pages des personnages fort ressemblants à un certain "petit bonhomme", vous savez celui qui dirige notre pays. Eh eh !!
Au final, un numéro trash, intelligent et rigolo qui devrait ravir tous les fans de Zombies. Alors à bon entendeur...

Mathieu

 

  30 juillet 2008  

Le journal de mon père
de Jirô Taniguchi
Casterman - 280 pages

Je ne suis pas ce que l'on appelle un dévoreur de bd. Mais j'aime de temps à autre me laisser aller au travers de quelques pages illustrées. Jirô Taniguchi est un de ces auteurs au talent immense qui m'a fait aimer la bd. On lui doit notamment des œuvres comme "Le sommet des dieux", "L'homme qui marche" ou encore le phénoménal "Quartier lointain". Ce dernier étant sans doute pour moi la meilleure bd que j'ai jamais lu.
"Le journal de mon père" est donc un ouvrage qui s'inscrit dans le droite lignée de "Quartier lointain". On y retrouve le trait précis de Taniguchi mais aussi cette propension à conter des histoires simples mais terriblement prenantes et émouvantes. Il est d'ailleurs bien difficile, une fois commencé, de lâcher son bouquin et ces 300 pages que l'on engloutit sans jamais voir le temps passer. L'intrigue est pourtant d'une banalité presque affligeante ! Un homme d'une quarantaine d'année profite de la mort de son père et de ses funérailles pour retourner dans son village d'enfance. Là où il n'a plus mis les pieds depuis bien trop longtemps. C'est ainsi l'occasion de ressasser avec son oncle et sa sœur de vieux souvenirs, des tranches de vie savoureuse, drôles mais aussi poignantes. Une histoire simple donc, que seul le talent de Taniguchi arrive à sublimer.
Je ne saurai que trop vous conseiller de vous pencher sur les œuvres ce cet auteur. J'ai moi même décider de combler mon retard et je me suis procurer tout récemment un de ces derniers livres "Un ciel radieux". Mais promis je vous en reparlerai...

Ludo

 




  15 juillet 2008  

The autobiography of me too free
de Guillaume Bouzard
Les Requins Marteaux - 19x26cm - 72 pages

Pas de doute, il est fort ce Bouzard ! Ce troisième tome de "The autobiography of me too" vient une nouvelle fois confirmer tout le bien que je pense de ce Monsieur. Cette série est juste fabuleuse. De toute manière il n'y a pas grand chose à jeter dans sa bibliographie. Je crois n'avoir jamais été déçu par un seul de ses travaux. Et ce nouveau tome ne déroge pas à la règle. Il suit avec brio les traces de ces 2 prédécesseurs. Le plaisir de retrouver les aventures du quotidien de Bouzard est intact. Un quotidien encore une fois rythmé par ses prises de bec avec son chien, sa passion pour Motörhead, son amour du jardinage, sa mauvaise foi légendaire ou encore ses combines envers sa femme pour pouvoir aller boire des bières Chez Jacquot, le célèbre bistro du village. Chaque situation, chaque histoire est un vrai régal d'humour. Tout semble tellement authentique et sans surenchère que même les scènes surréalistes avec son chien qui parle semblent encrées dans la réalité. Quand je vous dis que ce Bouzard est fort, vous pouvez me croire ! Son dessin en noir et blanc est lui aussi très caractéristique. Les personnages sont très élancés et leurs expressions du visage très justes. Combien de fois je me suis mis à ricaner en voyant la tête de Bouzard face à telle ou telle situation ? Un vrai bonheur tout comme l'ensemble de ces 72 pages ! Franchement vous ne pouvez pas passer à coté…

Mathieu

 



  27 mai 2008  

73304-23-4153-6-96-8
de Thomas Ott
L'Association - format 17,5 x 24 cm - 142 pages

Thomas Ott est de retour avec un livre au titre pour le moins surprenant : "73304-23-4153-6-96-8". Face à cette longue suite de chiffre aussi froide que complexe on peut rester pantois. Et pourtant elle met parfaitement ma curiosité en action. Mon envie de découvrir ce qui se cache derrière tout ça est évidente. Je me mets à tourner les premières pages de cet ouvrage et je comprends que ces 15 chiffres vont être l'élément clé du récit.
Tout commence avec un homme qui met la main sur un mystérieux morceau de papier avec comme seule inscription "73304-23-4153-6-96-8". A cet instant, sans même le savoir, sa destinée est tracée. Chacun de ses gestes sera guidé par cette suite de chiffres. Coup de chance ou malédiction ? L'auteur Suisse nous embarque dans un univers sombre et angoissant avec un style reconnaissable entre mille. Il utilise la technique de la carte à gratter pour mettre en lumière chacune des cases de ce livre. Des cases en noir et blanc où les paroles n'ont pas lieux d'être. Thomas Ott nous sert un récit muet où les dessins se suffisent à eux même. Chaque expression, chaque détail est maîtrisé. L'intrigue qui oscille entre réalité et fantastique est menée d'une main de maître et une fois le livre ouvert, il est impossible de le refermer avant la fin. Une lecture qui peut paraître un peu rapide mais qui est d'une telle qualité qu'il serait dommage de s'en priver !

Mathieu

 

 

  18 avril 2008  

Là où vont nos pères
de Shaun Tan
Dargaud - 120 pages

Prix du meilleur album 2008 au dernier festival d'Angoulême, "Là où vont nos pères" est définitivement une bédé à part entière. L'Australien Shaun Tan nous embarque dans un récit muet d'une extrême beauté. Quelle maîtrise !! J'ai rarement vu un dessin de cette qualité orner les planches d'une bédé. Chaque détail est pensé et soigné : les expressions des visages, le décor, les mouvements, tout est juste et d'une véritable finesse. On en prend plein les mirettes et il n'est pas rare de s'arrêter un grand moment sur une page et de s'émerveiller devant le magnifique coup de crayon de Shaun Tan. L'histoire, qui aborde le thème de l'immigration, est tout aussi touchante. C'est le récit d'un père de famille qui décide de partir loin des siens pour essayer de mieux gagner sa vie et ainsi pouvoir un jours leur apporter une vie meilleure. Il arrive alors dans un monde totalement inconnu où il tente de s'intégrer du mieux qu'il peut. Mais ce n'est pas évident pour lui d'évoluer dans cette ville bien étrange car tous les codes d'une nouvelle culture sont à réapprendre. L'auteur nous plonge dans un univers onirique qui ne ressemble à rien d'autre. On voyage dans des décors majestueux mais je ne vous en dit pas plus. Je ne voudrais pas gâcher votre plaisir de découvrir page après page toutes les trouvailles et subtilités que regorgent cet ouvrage. Avec "Là où vont nos pères", Shaun Tan frappe fort. Définitivement mon coup de cœur du moment !!

Mathieu

 




  5 janvier 2008  

Le syndrome du prisonnier
de Lewis Trondheim
Delcourt - format 14,5 x 21cm - 128 pages

Au départ "les petits riens" de Lewis Trondheim sont des pages exclusivement écrites pour son blog (http://www.lewistrondheim.com/blog/). Un blog que l'auteur actualise quasi quotidiennement de petites saynètes éphémères (celles-ci disparaissant avec le temps). "Le syndrome du prisonnier" n'est autre que la version papier de ce blog et il fait suite à "La malédiction du parapluie" paru en 2006. Dans ce nouveau tome, l'auteur nous emmène au grès de ses voyages professionnels et familiaux par le biais d'un dessin à l'aquarelle des plus réussis. Qu'il se trouve en Roumanie ou en Afrique du Sud, il nous conte les petits riens de sa vie quotidienne. Vous savez ces petits moments cocasses, anodins voir même angoissants qui font l'intérêt de chacune de nos journées. Au fil des pages, le sourire vient naturellement se poser sur notre visage et même lorsqu'il nous confronte face à ses craintes, l'humour est toujours présent. On découvre ici un personnage qui s'émerveille et qui s'interroge devant les choses les plus simples de la vie. On sent qu'il prend plaisir à vivre ces moments uniques et singuliers. Et honnêtement c'est très rassurant car il n'est pas rare de se reconnaître dans les faits et gestes de Lewis Trondheim ! Un livre attachant, vraiment !

Mathieu

 




  30 décembre 2007  

Le coup du lapin 2
de Andy Riley
Chiflet&Cie - format 20 x 15 cm - 100 pages

Je suis tombé par hasard sur ce nouveau tome de "Le coup du lapin" dans un magasin de la grande distribution de la culture. Le premier tome étant tout particulièrement drôle je n'ai pas hésité longtemps à acheter celui-ci. La recette est la même qu'avant : des lapins qui cherchent par tous les moyens à se suicider. Généralement une case suffit à Andy Riley pour mettre en scène ces lapins suicidaires, notre imagination faisant le reste. J'adore voir leur tête impassible face à des situations de tortures en tout genre. Il faut dire qu'ils débordent d'ingéniosité pour en finir avec leur vie. Que ce soit avec la garde royale Anglaise, avec une perceuse ou encore une râpe à fromage ils trouvent toujours le moyen d'arriver à leur fin. C'est vrai que ça sent le réchauffé par rapport au 1er tome et que la centaine de pages se lit en deux temps trois mouvements. Mais les gags fonctionnent toujours autant et arrivent à nous faire rire et c'est bien l'essentiel !

Mathieu


Unlikely
de Jeffrey Brown
Ego comme x - format 15 X 21 cm

Plus de 250 pages en noir et blanc lues d'un trait. Pourtant le dessin simpliste de Jeffrey Brown est loin d'être convaincant. Honnêtement j'ai longtemps hésité à me procurer cette Bd. Mais en lisant de quoi elle retournait, je me suis laissé tenter. Ici Jeffrey Brown nous relate une de ces relations amoureuses, celle qui lui a permis de sortir de la virginité à 24 ans. Une relation assez difficile étant donné que la fille dont il tombe amoureux (Alison) est tout son contraire. Lui est plutôt sain d'esprit et de corps alors qu'elle l'est beaucoup moins. Leur relation démarre donc sur une base très friable. Et c'est face aux sentiments de Jeffrey que nous avançons dans cet ouvrage. Il nous confronte face à ses joies, ses doutes, sa découverte du sexe, sa jalousie, ses méfiances,… Des moments que l'on a tous vécu et qui obligatoirement nous rappellent de bons ou mauvais souvenirs. En somme, une histoire bête comme choux, le genre d'Egotrip qui peut donner la nausée à beaucoup de monde mais qui pour ma part me touche. Je conseille !

Mathieu